Centre médico-social Basile Moreau

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Le toucher-massage

Un article de Sylvie CHAMPION, aide médico-psychologique, tiré de la méthode Joël Savatofski.

« Le toucher-massage est une intention bienveillante qui prend forme grâce au toucher sur tout ou partie du corps, et qui invite à détendre, relaxer ou procurer un bien-être. »

Joël Savatofski.

Pourquoi le toucher-massage ?

Vous avez tous fait l’expérience des mains qui, d’emblée, vous apaisent, vous réchauffent, vous donnent du baume au cœur.

Parfois, les mains de la personne qui vous est chère ou en qui vous avez réellement confiance peuvent plus pour soulager vos maux que les meilleurs praticiens du monde.

De même, le massage est bien autre chose qu’une technique à effet mécanique.

Son effet majeur se trouve dans la relation qui s’établit entre celui qui masse et celui qui est massé.

Un peu d’histoire

Le massage existe depuis toujours et fait partie de notre patrimoine instinctif de communication.

Quand on sent un ami angoissé, on pose « machinalement » sa main sur son épaule. Si on veut lui donner confiance, on lui presse la main amicalement.

Les massages se sont toujours pratiqués de tous temps depuis des millénaires et partout dans le monde, différemment selon les modes de vie culturelles.

Depuis le 20e siècle, ils se sont développés dans le cadre de soins infirmiers, avec les masseurs kinésithérapeutes et sont devenus des actes techniques codifiés, loin de leur fonction première de communication et bien être.

Les massages s’inscrivent aujourd’hui dans une démarche informelle, globale, relationnelle, non codifiée et démédicalisée.

Précisément, face à l’avancée inexorable de la multiplication des spécialités et la complexité des soins, s’est inscrit la nécessité de proposer au soignant un véritable « outil », facile, aisé, qui ne demande pas de connaissances particulières en anatomie, physiologie etc… Et de lui donner les moyens de l’utiliser et de le dispenser généreusement afin de répondre aux véritables besoins du résident, d’être touché, câliné, cajolé… massé.

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Le concept

Il y a des soignants qui ont un « savoir-faire », dans les différentes tâches à accomplir, mais cela ne suffit pas, car « savoir-être » est l’indispensable complément pour ne pas dire l’essentiel de la relation aux soins.

Le concept du toucher-massage rappelle le lien étroit qui existe entre les qualités inhérentes au toucher : actions informelles, intuitives, relationnelles mais aussi présence, écoute bienveillante, et le massage : gestuelle plus élaborée aux multiples effets bienfaisants. Cette méthode évolutive, vivante, non réductrice rappelle au milieu médical l’importance et le caractère indispensable de la relation, de la douceur, de l’humain…de la main.

Il a été démontré que le toucher-massage est un anti-douleur puissant, un excellent antidote de l’insomnie et de la fatigue, qu’il permet de mieux se mouvoir et de conserver une certaine autonomie. La pratique du toucher-massage est un contrepoids certain à la brutalité de certains gestes et interventions médicales. Elle apporte un soutien aux thérapies mises en place, quelquefois mal vécues.

Faisant tout autant de bien au soigné qu’au soignant, ces gestes d’aide, d’attention, de tendresse et d’accompagnement peuvent être encouragés et dispensés par tous.

L’intérêt majeur du toucher-massage réside dans la pluralité des acteurs : permettre à chaque résident de pouvoir être touché, « par qui bon lui semble et qui lui semble bon ».

 

Cette démarche spécifique n’est pas toujours facile pour les soignants formés à guérir, à traiter, à évaluer les résultats de leurs actions.

Elle s’inscrit plus dans la multiplicité et complexité des gestes et actes quotidiens, en particulier parmi les « grands petits soins » tels aider la personne à se lever, aller aux toilettes, tirer les rideaux en cas de luminosité excessive, supprimer les plis du drap, redresser, retaper les oreillers, s’assurer que le bouton d’appel, le verre d’eau sont bien à portée de main, passer un gant frais sur un front chaud ou encore, tenir ou caresser les mains, faire un petit massage de la nuque…

Le soignant doit pouvoir répondre malgré une certaine gêne aux besoins des résidents et notamment le besoin impérieux d’être touché. C’est dans cette démarche qui demande une capacité, d’écoute, de présence, d’authenticité, d’humanité ainsi qu’un minimum de compassion que s’inscrit la pratique du toucher-massage.

Souvent, ultime manière de communiquer avec les personnes, elle est, sans aucun doute, à l’origine du climat de confiance qui s’instaure et qui aide les personnes qui souffrent et se savent condamnées, à parler, à se confier, à se libérer et exprimer leurs angoisses et leurs désirs.

La simplicité du toucher-massage, tout le monde peut le dispenser et doit inciter les soignants à inviter les proches, souvent démunis et gardant une distance bien malgré eux, à pratiquer et réintégrer en douceur cette relation d’aide par le toucher. On n’enseigne pas le toucher-massage, comme l’informatique ou la kinésithérapie.

Il ne s’agit pas d’apprentissage, mais acquérir d’abord la confiance en soi et adopter les attitudes bienveillantes, compassionnelles, et être plus à l’aise et mieux dans sa peau pour pouvoir exprimer et aider par les mains.

« Enrichir les soins quotidiens par les massages de bien-être, de confort, améliorer la communication, aider à mieux supporter la solitude et répondre au besoin inassouvi d’être touché ou encore « touchable » … »

« Le toucher-massage devient un bien précieux que chaque soignant doit pouvoir dispenser le plus généreusement possible. »

Joël Savatofski. Extraits du « toucher apprivoisé »